La maladie d’Alzheimer est une pathologie neurodégénérative qui se manifeste par des troubles cognitifs et comportementaux. Elle touche particulièrement les femmes et les personnes âgées.

De ce fait, le patient présente des raisonnements illogiques, des trous mémoire et des troubles de langage. Si le traitement médical qui pourrait éradiquer la maladie reste un mystère à résoudre, une famille impliquée peut aider le patient à aller mieux.

Tour d’horizon sur les attitudes à adopter face à la maladie d’Alzheimer.

Comment reconnaître un proche atteint d’Alzheimer ?

L’entourage est le premier à remarquer les changements d’attitude d’un proche. En effet, les signes du premier stade sont facilement remarquables car ils créent des perturbations au niveau de la communication.

La maladie d’Alzheimer reste, à ce jour, sans traitement efficace. Ainsi, dès que vous remarquez un de ses signes chez un proche, consultez un spécialiste sans tarder pour éviter que la situation ne dégénère.

Des trous de mémoires

Les signes du début de la maladie d’Alzheimer chez les séniors se présentent sous différents aspects. La perte de mémoire est un des signes qui se remarquent facilement.

La personne commence à oublier des choses qu’elle a faite récemment et peut vivre ses souvenirs au présent. Elle oublie tout d’abord ses courses au supermarché et à un certain stade, elle finit par oublier ses propres enfants.

Des troubles de langage

Les troubles de langage se manifestent par une incapacité partielle ou totale à communiquer. A un stade léger, ils peuvent être confondus avec les signes du vieillissement normal.

Le malade d’Alzheimer devient incapable de trouver le mot juste. Il les remplace par un terme du même champ lexical ou une périphrase. Pour décrire ce qu’il cherche, il utilise des termes tels :

- le truc qui brille là

- la chose avec des roues

- le machin qu’on utilise pour changer la chaîne

Un changement de comportement

Les proches du malade ont tendance à dire « Je ne le reconnais plus ». En effet, la maladie d’Alzheimer entraîne des changements de personnalité et des modifications du comportement.

Le patient est souvent dépressif, anxieux et irritable. Il perd sa propre personnalité et se démotive même pour faire les choses qui le passionnait auparavant. Il vit dans sa propre bulle et perd la notion du réel.

Un raisonnement désorienté

Lorsque la maladie d’Alzheimer commence à s’imprégner, le patient peut se perdre dans un endroit qui lui est familier et commence à raisonner de manière illogique. Il vit dans ses souvenirs et peut refuser une invitation sous prétexte qu’il doit chercher ses enfants à l’école à 17h alors que ces derniers sont mariés.

Reconnaître les jours et les saisons lui devient donc difficile, c’est la perte des repères temporels. Il peut porter des vêtements d’été alors qu’il fait 5° C dehors.

Comment réagir face aux premiers signes ?

Si vous remarquez l’un des signes mentionnés ci-dessus, évitez de dire des conclusions hâtives. Consultez un médecin généraliste pour évaluer la situation.

Si une consultation spécialisée est requise, vous devez effectuer quelques diagnostics pour avoir le verdict final, à savoir :

- un diagnostic pluridisciplinaire ;

- un examen neuropsychologique ;

- une IRM du cerveau ;

- un bilan neurologique ;

- un examen médical global.

Créez un environnement sécurisé

Dès que le médecin annonce son verdict, commencez à sécuriser la maison. Mettez de côté les objets dangereux pour éviter que le malade d’Alzheimer s’en serve inconsciemment.

Priorisez le calme dans la maison pour optimiser la concentration du patient. Le bruit peut l’irriter ou l’énerver. Par ailleurs, mettez en exergue la date et l’heure pour réduire les risques qu’il se perde dans le temps.

Prévenez les chutes

Revoyez l’organisation de votre maison pour faciliter les déplacements. Enlevez tout objet ou meuble inutile qui obstruent les déplacements du patient. Ainsi, vous éviterez les chutes.

Allumez les lumières qui mènent vers les toilettes le soir et ajustez votre salle de bain pour éviter les glissades. Ajoutez un siège de douche ainsi qu’un tapis antidérapant.

Envisagez une routine quotidienne

Dans ses activités quotidiennes, le patient doit être détendu et stimulé au niveau cognitif. Faites-le participer à une tâche ménagère tout en gardant un œil sur lui. Même les actions qui paraissent futiles peuvent l’aider à préserver ses capacités.

Félicitez-le à chaque tâche accomplie. Il se sentira alors utile dans la famille. La répétition des exercices au quotidien l’incite à mémoriser ces gestes.

Comment continuer à communiquer avec un proche atteint ?

La maladie d’Alzheimer peut perturber la communication. Le patient perd la notion de la réalité et vit dans sa propre époque. Le malade Alzheimer peut déposer un objet dans un endroit insolite et oublier une minute après.

Cette situation peut faire perdre patience à la famille et bouleverser leur quotidien. Quoi qu’il en soit, il est indispensable de trouver des moyens pour communiquer avec lui. Voici quelques astuces.

Le laisser s’exprimer

La maladie d’Alzheimer emporte avec elle une partie du conjoint, du parent que vous avez connu. Cependant, elle laisse certains souvenirs qui peuvent le ramener à qui il est réellement.

Pour instaurer un échange avec lui, laissez-lui le temps de réfléchir et de répondre. Parlez d’un sujet qui l’intéresse particulièrement. Rejoignez-le dans son petit monde pour le pousser à s’exprimer davantage.

Positionnez-vous au même niveau que lui

Conversez dans un endroit calme et à deux pour capter son attention. Afin qu’il ne se sente pas inférieur à vous, mettez-vous à sa place, à sa hauteur.

S’il est assis sur un fauteuil, prenez une chaise et assoyez-vous. S’il est couché sur le lit, mettez-vous près de lui.

Utilisez un vocabulaire simple et concret. Facilitez-lui la tâche en utilisant un langage non-verbal.

Utilisez un discours adapté à ces capacités restantes

Plus la maladie évolue, plus le déficit en communication s’accroît. L’environnement est un facteur décisif à ce stade. Pour préserver ses capacités résiduelles, il est indispensable de les stimuler.

Tant qu’il peut raconter un souvenir ou répondre aux questions, entraînez cette faculté. Sollicitez le contact à travers des actes de communication qui fonctionnent encore.

Les attitudes à adopter pour améliorer son quotidien

Les recherches pour trouver le remède contre la maladie d’Alzheimer continuent mais restent sans réponse exacte. Pour l’instant, aucun patient ne s’est rétabli entièrement.

Toutefois, en dehors du traitement médical, il est indispensable de promouvoir l’appui familial. La famille maintient le lien entre le malade et la réalité. Quelques gestes anodins du quotidien peuvent améliorer son état.

Être particulièrement attentif à ses besoins

Plus les troubles de mémoire et du langage s’accroissent, plus le patient s’isole. Encouragez votre proche, demandez-lui ce dont il a besoin, ce qu’il souhaite ou ce qu’il attend de vous.

Évitez de lui donner des ordres. Priorisez, plutôt, les propositions. Invitez-le à faire des activités sans le forcer. Soyez convaincant lorsque vous l’invitez à faire une chose. Optez pour les activités qui le passionnent. Vous déduirez les réponses à travers ses mimiques et son attitude corporelle.

Reconnaître ses capacités résiduelles

Le degré d’atteinte de la maladie d’Alzheimer varie d’une personne à l’autre. Chaque patient a ses capacités. Pour identifier ses capacités réelles, observez-le.

A-t-il besoin d’aide pour sa toilette ? Peut-il encore prendre ses médicaments seul ? Veut-il faire une promenade ? S’il y a une chose dans laquelle il excelle toujours, faites-en sorte qu’il s’en souvienne. Travaillez les activités auxquelles il reste performant.

Accentuer la communication non-verbale

Le déficit de communication peut irriter le patient. Si la famille, elle-même, ne le comprend pas, qui le fera ? Les médecins peuvent faire leur travail mais c’est le devoir de la famille de le soutenir.

Pour éviter qu’il s’isole ou qu’il devienne anxieux, instaurez une communication régulière. Stimulez son sens du toucher, prenez-lui la main, touchez-lui l’épaule. Ce sont des gestes attentionnés. Lorsque vous vous exprimez, illustrez vos phrases avec des gestes et mimiques.

Accompagnez-le dans ses activités

Pour préserver ses capacités restantes, accompagnez dans les petits gestes du quotidien. Vous pourrez également l’escorter dans certains exercices de mémoires, des activités sociales ou créatives.

Il est indispensable d’entretenir ses facultés motrices pour éviter que la maladie d’Alzheimer emporte tout. Vous pourrez toujours avoir recours à un ergothérapeute ou à un orthophoniste si nécessaire.

Soyez au petit soin avec lui

Un malade d’Alzheimer est un être fragile comme il perd sa capacité à prendre soin de lui. Même s’il oublie qui vous êtes dans sa vie, restez au petit soin. La famille doit rester son pilier.

Gardez-le chez vous autant que possible, c’est un endroit familier dont la mémoire pourrait lui revenir d’un moment à l’autre. Restez à l’écoute de ses besoins et soyez compréhensif face à ses attitudes.

Quand faut-il recourir à un orthophoniste ?

Pour la rééducation, l’orthophoniste tient un rôle important. Lorsque la maladie est à son premier stade, il aide le patient à stimuler son mémoire, à travailler son langage ainsi que ses autres fonctions cognitives.

En revanche, lorsque la maladie est à un stade sévère, il travaille sur la préservation de la communication. Ainsi, il réduit les troubles comportementaux.

Une à deux séances par semaines

Une prise en charge précoce du patient altère la progression des troubles cognitifs. Si vous emmenez votre proche atteint d’Alzheimer chez un orthophoniste dès les premiers signes, il fera l’effort de sauvegarder sa mémoire avec la rééducation.

Consultez un orthophoniste une à deux fois par semaine. Chaque séance doit durer environ 45 minutes. Les frais sont remboursés par la Sécurité sociale avec une prescription du médecin traitant.

Comment l’orthophoniste procède ?

Les approches orthophoniques diffèrent d’un médecin à l’autre. Toutefois, elles se basent sur deux types de rééducation :

- la rééducation orthophonique pratique qui encourage le patient à progresser malgré tout ;

- la rééducation orthophonique émotionnelle qui encourage le patient à prendre confiance en lui.

Une des méthodes efficaces consistent à effectuer une thérapie mutuelle entre le malade et son entourage. Le malade pourra ainsi préserver ses capacités résiduelles tandis que l’entourage revoit sa communication pour l’ajuster aux difficultés du malade.

Et si on l’emmenait dans un EHPAD ?

Prendre soin d’un proche atteint de la maladie d’Alzheimer est une situation difficile et peut s’avérer lourde pour la famille à un certain temps.

L’emmener dans un EHPAD (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) peut paraître telle l’alternative idéale bien qu’elle cultive un sentiment de culpabilité.

Certes, c’est une séparation douloureuse, mais l’intervention de la famille est toujours requise pour le bien du patient.

L’intégrer en douceur

Lorsque la famille décide d’intégrer son proche malade dans un EHPAD, il est préconisé de procéder en douceur. Le patient doit s’adapter à un nouveau cadre et la famille doit s’adapter au changement.

Un visage familier favorisera son intégration au côté des professionnels. L’EHPAD encourage l’implication familiale pour aider le patient dans sa lutte.

Des activités familiales durant la cure

Pour maintenir les liens de famille, l’EHPAD convie la famille du patient, de temps en temps, aux activités sources de lien. Ce moment de partage valorise le malade auprès de sa famille. C’est une occasion d’embellir son quotidien.

La famille peut même créer et animer des ateliers avec l’aide des soignants. C’est une manière de montrer son soutien à toutes les personnes atteintes de l’Alzheimer. Les activités proposées doivent avoir pour but de créer des liens.

S’installer au sein de l’établissement

Pour poursuivre une familiale, certains médecins invitent la famille à prendre des précautions pour s’installer avec le patient. Les lieux peuvent être aménagés à cet effet.

La famille peut ainsi garder un espace d’intimité pour optimiser les retrouvailles. Vous pourrez vous organiser à tour de rôle pour l’accompagner. Il est vital que les différentes générations viennent rendre visite au patient.

Votre proche peut oublier qui vous êtes mais tant que vous chérissez les souvenirs de lui, restez au petit soin. L’intégrer dans un EHPAD est loin d’être un abandon tant que vous maintenez les liens de familles.

La maladie d’Alzheimer est, pour le moment, une pathologie incurable. Toutefois, il est possible de retarder ses effets et de procurer de bonne condition de vie au patient. Une famille impliquée est un soutien inégalable pour le patient.